Interview spéciale #1 (par Tsuneo): Sébastien Barrault, Chef de la base AWIPEV

Aujourd’hui, voici un article qui sort de l’ordinaire … Depuis que nous avons commencé le blog, nous vous avons raconté l’installation des mésocosmes, nos expériences, puis les aventures quotidiennes de la vie à Ny Ålesund. Les sujets commencent-ils à s’épuiser ? Non … tout à coup, une idée m’est venue ! Nous n’avions pas encore raconté et présenté les membres du personnel de la base AWIPEV qui nous aident depuis le début de nos expériences tous les jours de la semaine et même le week-end ! Sans eux rien ne serait possible.En tant que scientifique imaginatif mais rigoureux, j’ai immédiatement concrétisé cette idée. Ainsi, j’ai pour quelles heures endossé le rôle de journaliste, le temps de deux interviews. Bien qu’ils soient toujours occupés, j’ai réussi à poser quelques questions à deux des membres du personnel. Pour aujourd’hui, je vous rapporte les propos de mon entretien a vec Sébastien Barrault (SB), chef de la base AWIPEV. 

– Merci d’avoir consacré ton temps pour cet interview. Car interviewer les gens, ça n’est pas mon métier … Je commence avec une question très générale. Quel est ton lieu de naissance ?

SB: Je suis né à Sion en Suisse.

– Depuis quand es-tu chef de la base AWIPEV ?

SB: Je suis à Ny Ålesund depuis avril 2010 et je suis officiellement en charge de la base AWIPEV depuis la mi-mai. Il s’agit d’un contrat d’un an.

– Je sais ce que le mot « chef » signifie, mais je ne connais pas bien quel type de responsabilités est demandée pour cette position. Pourras-tu m’expliquer un peu plus en détail ?

SB: Oui, bien sûr. Je pourrais simplement dire qu’être chef consiste à gérer les activités de la base AWIPEV, mais ces activités sont très diverses … Tout d’abord, je suis responsable de tous les aspects touchant à la sécurité des scientifiques qui viennent travailler ici. Ny Ålesund, c’est un site isolé en milieu extrême. Il est donc très important d’assurer le fonctionnement de l’équipement que vous allez utiliser pour le travail, par exemple: les bateaux (zodiacs), les combinaisons de survie que vous portez quand vous sortez en mer, les gilets de sauvetage, les fusils, et même les vélos ! Actuellement, c’est mon collègue Thomas qui s’en occupe (cf. article –La caverne d’Ali Baba de l’IPEV– et deuxième interview à venir – “Interview spéciale #2: Thomas Bouchard, Logisticien de la base AWIPEV). Puis, je dois coordonner les projets scientifiques. Notamment, en été, il y a souvent plusieurs projets scientifiques qui sont en cours en même temps à Ny Ålesund. Il est nécessaire d’organiser la place de travail, le type d’équipement pour chaque projet et de permettre à toutes ces scientifiques d’avoir un logement pendant leur séjour. A Ny Ålesund, les différentes bases sont maintenues par différents pays, puis dans un second temps par l’entreprise « Kings Bay AS ». Ainsi, quand la base AWIPEV (qui est gérée par la France et l’Allemagne) ne peut pas accueillir tous les scientifiques, on peu demander aux autres bases ou à la Kings Bay de l’aide pour répondre aux besoins de logement ou de matériel. La communication avec les autres bases et Kings Bay AS est donc une des mes tâches importantes. Enfin, il y a également de plus en plus de visites de non-scientifiques (des journalistes,des touristes ou même des politiques) à Ny Ålesund. L’entretien de bonnes relations publiques (et valorisantes pour la station !) représente ainsi une des responsabilités majeures du chef de base …

– Il me semble que tu as de très nombreuses responsabilités et des journées bien remplies ! Qu’est ce qui t’as décidé à venir travailler à Ny Ålesund ?

SB: Je me suis intéressé aux pays scandinaves. J’ai étudié les phénomènes d’avalanche, et tout ce qui se rapporte à la neige, la glace et la banquise. J’ai donc passé 6 ans à Longyearbyen et travaillé à l’Université de Svalbard (UNIS). J’ai postulé à cette position pour rester en milieu « froid » et acquérir encore plus d’expérience.

– Peux tu nous raconter quels aspects sont agréables et quels aspects sont difficiles dans le travail et dans la vie à Ny Ålesund ?

SB: Comme je l’ai dit un peu plus tôt, Ny Ålesund est un site bien isolé en milieu extrême. Le village de Ny Ålesund est petit. Naturellement, les gens ici apprennent à travailler ensemble et efficacement. La communauté est réduite mais très dynamique. On s’entraide les uns les autres. Tout le monde est très sociable. Ces aspects me plaisent beaucoup. S’il fallait désigner une difficulté, je mentionnerais que nous n’avons pas vraiment de vie privée. C’est parce que nous sommes dans une petite communauté et que nous avons beaucoup de travail … si nécessaire, il faut être disponible 24h/24,même le week-end.

– Pour l’expérience d’EPOCA en 2010, près d’une quarantaine de scientifiques sont arrivés à Ny Ålesund. J’ai entendu que vous n’avez jamais eu autant de scientifiques à la fois sur un même projet. J’ai un peu peur que nous vous avons demandé beaucoup de travail… As-tu commentaire à faire sur l’expérience EPOCA et à donner aux scientifiques de ce projet ?

SB: C’est vrai qu’on n’a jamais reçu autant de scientifiques à la fois. En plus, vous représentez différentes nationalités et vous ne parlez pas toujours la même langue ! Mais je peux dire aussi que le nombre de scientifiques ne reflète pas du tout le volume de travail que nous devons fournir. C’est assez facile de travailler avec vous. Vous avez des bons moyens de communication avec les personnels de la Base AWIPEV et Kings Bay AS (avec les radios et VHF). Votre logistique est toujours claire pour nous. Donc, c’est formidable pour nous de travailler avec vous !

– Je suis très content et plutôt rassuré d’avoir eu ce commentaire… Merci beaucoup Sébastien pour cette interview.

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L’été à Ny Ålesund (par Chiaki)

Quand nous sommes arrivés à Ny Ålesund, ma première impression a été “tout
est blanc”, car la plupart des terres étaient couvertes par la neige.
Depuis notre arrivée, le ciel était très nuageux et nous avons eu
seulement quelques jours de beau temps ensoleillé et toujours très froid,
donc je ne savais pas que “l’été était déjà arrivé”. Mais, en un mois
seulement, la neige a fondu rapidement et la végétation est apparue.
Ces variations climatiques sont très surprenantes. La couleur du
pelage des rennes et des renards a aussi changé, ils ont troqué leur
pelage blanc pour une couleur plus foncée. De nombreuses espèces d’oiseaux
sont aussi arrivées avec l’été. Et ce soir, les habitants de Ny Ålesund
feront la fête pour célébrer le solstice d’été.

Was mach ich eigentlich hier …..?

Während ich anfange mir diese Frage immer und immer wieder zu stellen, dachte ich mir, ich könnte sie euch wenigstens mal beantworten.

Wenn man verantwortlich für die Logistik ist, dass Experiment aber schon seit über 2 Wochen super läuft, so könnte man meinen, mein Job wäre gelaufen. Um ganz ehrlich zu sein, so ungefähr hatte ich mir das auch vorgestellt. Mal schön die anderen beobachten, wie sie für Ihre Publikationen arbeiten und selber vielleicht mal ein bisschen in der Hängematte abhängen. Leider scheiterte dieser phänomenale Plan an zwei wesentlichen Punkten:

  1. Es mangelt ein klein wenig an Bäume für meine Hängematte
  2. Merkwürdigerweise mangelt es auch an Zeit

Um Punkt eins zu verdeutlichen informiert man sich am besten mal über die Arktische Tundra. Dann findet man auch schnell heraus, dass Flechten, Moose und der Gegenblättrige Steinbrech eher ungeeignet sind um Hängematten aufzuhängen. Auf alle Fälle erreicht man mit diesen Pflanzenvertretern (ich weiß, ich weiß …. Flechten als Pflanzenvertreter zu bezeichnen kann man diskutieren) keine vernünftige Höhe.

Punkt 2 versteh ich selbst nicht so genau. Eigentlich mache ich ja den ganzen Tag nicht wirklich was. Morgens mal eine Schicht Probennahme für 3h … na gut … ist ja nichts dabei. Das Assentieren bei den Abfüllarbeiten vor der Filtrationshalle darf man hier gar nicht groß erwähnen. Auch die erneute Ausfahrt, um 24h-Inkubationsproben ins Labor zu bringen und diverse Zooplanktonproben zu sammeln kann eigentlich vernachlässigt werden. Das regelmäßig Schichtpläne für die Probennahme geschrieben, gedruckt und ausgehängt werden müssen, fällt zwar in meinen Aufgabenbereich, kann man aber immer für einige Tage im Voraus planen. Kontrolltauchgänge die sich über 4h hinziehen werden ja auch nicht ständig durchgeführt und Flügelschnecken-Fang-Aktionen finden auch nur alle paar Tage statt. Die Planungen der Abbauarbeiten kann man ja mal so nebenher durchdenken und aufschreiben, so dass dann auch immer gerne mal Zeit ist, den völlig überarbeiteten Labormäusen ein bisschen unter die Arme zu greifen. Erst einmal habe ich die Lagerhalle gefegt und gewischt und nur ganz kurz musste ich mit der logistischen Herausforderung befassen eine ganz bestimmte Espresso-Sorte kostenlos nach Ny Alesund zu organisieren, um die Arbeitsmoral nicht unter den gesetzlich vorgeschriebenen Grenzwert absinken zu lassen. Wann dann noch Zeit ist, kann man gegen 23 Uhr mal gemütlich zur Tankstelle schlendern und die Kanister für die Boote füllen.

Also wie Ihr seht, habe ich im Großen und Ganzen nichts zu tun, daher frage ich mich ständig wo eigentlich die Zeit bleibt. Ich bin nur froh, dass sich wenigstens der Blog von selbst schreibt.

Arrivée de Sarah (par Tsuneo)

Sarah est bien arrivée à NyÅlesund le lundi 21 juin. Dès son arrivée, elle a eu besoin d’apprendre beaucoup de choses pour remplacer Lucie. Elle a eu un cours accéléré d’échantillonnage avec un collègue allemand. Elle a appris comment il faut garer le zodiac à côté du mésocosme et comment utiliser la bouteille d’échantillon. Si vous conduisez le zodiac, vous savez qu’il n’est pas simple de le faire quand il y a de vagues et courants !

Ensuite dans la salle de traitement d’échantillon (il faudra l’aménager !), elle a appris l’utilisation d’appareils de filtration avec ses collègues. Donc en même temps, elle devait connaître où est son matériel, le matériel commun, l’eau milliQ pour son expérience, la bouteille d’ azote liquide, le congélateur, sa combinaison de bateau, etc. Vue le temps qui restait pour elle, il y avait peut-être trop de chose à apprendre à la fois !

Elle a aussi fait connaissance avec ses bouteilles d’échantillon ! Tous les deux jours, elle devra prendre et filtrer des dizaine de litres de l’eau de mer.


Aujourd’hui c’était sa première sortie d’échantillonnage. Apparemment le premier échantillonnage était très fatiguant, elle a l’air à plat  ;-).

Ses collègues de la Station Biologique de Roscoff l’encouragent par e-mail ou téléphone.

Afin de nous encourager, les bouteilles de vin français seront toujours bienvenues !

Work, work, work…and a little bit of play

We are now on day 15 of the experiment, and the last few weeks have blurred into one big sampling/filtering/analysing fest, with little time for, well, anything else really. We haven’t had much time to enjoy and appreciate our stunning location, and you know what they say about all work and no play….

The view that teases us from our lab

However, last Wednesday, we were treated to a day off – a very exciting prospect for a bunch of hard-working scientists! Myself and Susan took the opportunity to escape Ny-Ålesund, and headed off on a soggy stomp across the rapidly thawing tundra. We saw lots of lovely Arctic fauna (reindeer, snow buntings, Arctic skuas, terns, fulmars, guillemots, eiders, purple sandpipers, ringed plovers…) and some very colourful flora. Luckily, we did not come across any hungry polar bears…..

making our escape....

Arctic flowers

The weather has shown some improvement over the past few days, which means we can make the most of the endless evenings that we benefit from at this latitude. On Sunday night, in glorious sunshine, we took a boat out to our local glacier Kongsbreen – one of the largest glaciers on Svalbard.

captain john at the helm

The drive to the glacier front was a bit of an iceberg-dodging exercise, as the fjord is scattered with beautiful, sculptural bergs at this time of year. And when we were within about 1 km of the glacier, a huge townhouse-size chunk of glacier spectacularly crashed into the fjord, sending a boom echoing around the mountains, and followed moments later by some subtle but noticeable tsunami waves. A perfect way to spend a Sunday evening 🙂

Kongsbreen...

Ny-Ålesund nestled in the mountains

Another feature of summer life in Ny-Ålesund are the ship-loads of tourists that arrive on a fairly regular basis. On Saturday, 3500 people descended on us – which is a bit of a shock when you are used to about only 100 people! It is a good people-watching opportunity though, and it is quite amusing to see hundreds of people in matching jackets all patiently queuing up to buy their souvenirs in the world’s most northerly shop….

the huuuuge cruise ship and strange people-carrying pods

polar bear-themed souvenirs all round...

Les marchands de glace (par Jean-Pierre)

Après avoir pris des échantillons d’eau de mer dans les mésocosmes, Tsuneo et moi remplissons des dizaines de flacons transparents en verre.

Ils nous servent à mesurer la production primaire et la respiration. Pour cela, nous mesurons l’oxygène dissous dans les flacons au moment où ils sont remplis et après une incubation à la lumière (pour la production) et à l’obscurité (pour la respiration). Le remplissage des flacons se fait à l’extérieur pour ne pas réchauffer l’eau de mer. Nous nous installons sur notre super-chariot “No CO2 emission”.

Nos chers collègues nous comparent à des marchands de bonbons ou de glace ambulants !

Départ de Lucie (par Tsuneo)

Plus temps passe,  plus notre équipe d’échantillonnage devient efficace. Mais, comme prévu, Lucie devait partir la semaine dernière. Elle sera remplacée par Sarah qui travaille aussi à la Station Biologique de Roscoff. Sarah arrivera ici lundi. En attendant, nous avons demandé aux autres collègues de conduire le zodiac à la place de Lucie.

Avant le début de notre expérience, Lucie a eu des petits problèmes pour son matos… Il en manquait une partie. Mais elle est devenue une super négociatrice pour résoudre ce genre de problème !

Elle a aussi gentiment enseigné l’art des noeuds marins à ses élèves (donc nous, ses collègues) qui ne connaissaient pas ce sport extrême .

Tous les deux jours, elle a conduit le zodiac qui a eu souvent des problèmes avec son moteur, elle est restée 2-4 heurs en mer, a prélevé l’eau des mésocosmes. Après l’échantillonnage, elle continuait à bosser plusieurs heures la nuit au laboratoire pour réaliser les filtrations.

Lors de son départ, elle nous a offert un cadeau, une bouteille de vin blanc de l’Alsace !Nous sommes très contents d’avoir travaillé avec Lucie, et nous avons apprécié sa passion du travail, sa bonne humeur et
… aussi son cadeau de départ !!!
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