En route pour un des derniers échantillonnages! Mes impressions… (par Samir)

Nous voilà prêt à partir…

Tsuneo enfile sa combinaison de survie pendant que je trie les bidons à emporter sur le bateau.

Ils serviront à récolter la précieuse eau de mer provenant des 9 mésocosmes, implantés depuis fin mai dans le Fjord du Roi.

Après avoir embarqué le matériel et les bouteilles à échantillonnage intégré, nous sortons du port pour quelques minutes de zodiac jusqu’aux mésocosmes…
Bien arrimés sur le premier mésocosme, l’échantillonnage peut commencer et nous mettons tout de suite les bouteilles à contribution. Elles permettent de récupérer de l’eau (avec son contenu planctonique) à l’aide d’un piston qui pompe l’eau en fonction de la profondeur. Ainsi, toutes les couches de la colonne d’eau sont échantillonnées et nous remontons un échantillon représentatif de la colonne d’eau du mésocosme.

Chaque échantillonnage nous prend plusieurs minutes. Il faut descendre la bouteille à la main en gardant une vitesse continue, pas trop rapide pour permettre le bon remplissage sur 12 m de profondeur. Une fois remontée,
nous remplissons les bidons que nous rinçons au préalable avec un peu d’eau provenant de l’échantillon pour éviter une contamination.

L’opération de descente et de remontée de la bouteille est effectuée plusieurs fois pour remplir les bidons et pour obtenir une quantité suffisante d’eau, qui servira par la suite aux différentes mesures et incubations.

Chaque binôme s’occupe de 3 mésocosmes avant de rentrer au port pour effectuer le reste des manips…

Arrivée sous le soleil de minuit (par Samir)

Minuit pile et le Spitzberg, perdu au beau milieu de l’océan Arctique, apparait enfin au loin. Voici les premières images que j’ai pu voir depuis l’avion…Je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux explorateurs qui ont découvert l’île cinq siècles auparavant. Tout comme moi, j’imagine qu’ils ont ressenti une grande émotion devant un tel spectacle de la nature. En donnant le nom de Spitzberg, qui signifie “montagnes pointues”, ils ne se sont pas trompés.
Malgré l’heure tardive, c’est avec un plein soleil que l’île se dévoile. Cette atmosphère particulière souligne d’avantage mon émerveillement et je ne réalise toujours pas que je me trouve à 1000 km du Pôle nord…

Interview spéciale #2 (par Tsuneo): Thomas Bouchard, Logisticien de la base AWIPEV

Suite à l’interview de Sébastien, chef de la base AWIPEV, voici mon entretien avec Thomas Bouchard (TB), un autre ‘membre clé’ du personnel de la base AWIPEV.

– Tu travailles comme logisticien à la base AWIPEV. Peux-tu nous expliquer quel est ton rôle et en quoi consistent tes responsabilités quotidiennes?

TB: Tout d’abord, mais tu l’auras probablement entendu plusieurs fois depuis ton arrivée, je tiens à rappeler que Ny Ålesund est un site bien isolé. Ici, il y a l’entreprise Kings Bay AS et plusieurs stations organisées et gérées par plus de dix nations différentes. L’activité de l’AWIPEV à Ny Ålesund est actuellement maintenue par trois personnes : Sébastien (qui est le chef de la base), Christian (qui travaille à l’observatoire et qui gère l’acquisition des données scientifiques), et moi -même (qui gère les aspects logistiques).
Je m’emploie à maintenir le bon fonctionnement de tous les équipements de l’AWIPEV et je dois aussi m’assurer que ceux-ci restent en bon état. Les équipements comprennent les bateaux, les combinaisons de survie pour les sorties en mer, les gilets de sauvetage, les vélos, les scooters de neige, les skis, les raquettes, les vêtements chauds, les sacs à couchage, les tentes, les petits matériaux à l’atelier, etc. Je m’occupe également de réceptionner à Ny Ålesund tout le matériel scientifique envoyé depuis l’Allemagne ou la France. Enfin je prête également main forte aux scientifiques lors de certaines de leurs opérations et expéditions: lorsqu’ils installent leur matériel, lors de leurs missions de prélèvements dans le fjord ou sur les glaciers, etc.

– Je comprends maintenant pourquoi je te vois un peu partout (pas seulement dans ton bureau, mais à l’atelier, au port, dans le bâtiment de l’AWIPEV, à la réception de Kings Bay AS, etc.) à Ny Ålesund. Depuis quand travailles-tu ici ?
TB: Je travaille ici depuis fin avril 2010, et mon contrat dure un an.

– Comment as-tu décidé de venir travailler à Ny Ålesund ?

TB: Une grande part de hasard m’a conduit dans ces contrées … J’aime beaucoup les voyages, la nature (la mer, la neige, la montagne), et tout ce qui peut être qualifié d’activité « de plein air ». Je suis né à Lyon (France) et je suis toujours en quête d’expériences rares et intéressantes. Le climat froid ne me gêne pas. Je ne pourrais juste pas habiter dans un endroit compliqué, comme un pays instable ou en guerre. Et puis, je n’aime pas habiter dans des grandes villes. Je fuis les métiers en costume et je déteste les cravates (sourire) ! En tous cas, un jour, j’ai trouvé l’annonce pour ce travail …

– Es-tu content avec ton travail ?
TB: Oui, bien sûr. Mais en été, comme nous sommes seulement trois et que beaucoup de scientifiques viennent à Ny Ålesund, il est parfois difficile de satisfaire toutes les demandes. Nous nous aidons donc les uns les autres. Christian qui s’occupe de l’acquisition des données scientifiques, peut difficilement travailler longtemps en dehors de l’observatoire, mais c’est moins le cas de Sébastien. Lorsqu’il a fini ses tâches, Sébastien n’hésite pas à quitter son bureau et il vient me donner un coup de main à l’extérieur. Nous sommes en excellents termes tant d’un point de vue professionnel qu’amical. Les autres employés de Ny Ålesund sont également très ouverts et dynamiques. Il est donc facile de communiquer avec eux pour obtenir des informations ou échanger des avis. Les travaux sont toujours très efficaces et les problèmes sont vite résolus. Enfin à Ny Ålesund, il est facile d’entamer des discussions et de tisser des liens. Quant aux scientifiques, comme ceux-ci viennent de différents pays, c’est toujours intéressant de faire leur connaissance et de s’ouvrir à leurs différentes cultures.

– Oui, c’est vrai. Pendant mon séjour, j’ai rencontré des allemands, des américains, des anglais, des chinois, des coréens, des danois, des français, des hollandais, des indiens, des italiens, des japonais, des norvégiens, et des suédois, et puis j’ai même vu le prince de Norvège. Je suppose que certains lecteurs de ce blog seront intéressés par venir visiter Ny Ålesund un jour. Aurais-tu quelques commentaires à faire, notamment pour les étudiants ?
TB: Ny Ålesund est un milieu extrême … et fascinant. Le village est isolé et niché en pleine nature. Les amoureux de la flore et de la faune seront comblés. Lorsqu’on a la chance de venir vivre ici, en milieu extrême et avec des moyens de communication limités, l’homme prend naturellement conscience de l’importance de la coopération. Lorsqu’on vit ce type d’expérience, on comprend bien vite qu’on ne peut pas vivre tout seul. Les associations sont primordiales et le respect de l’environnement va souvent de paire.
Enfin si vous avez l’occasion de visiter ou de travailler en Arctique, soyez très prudents. Même si vous connaissez bien les hautes montagnes françaises (et donc que vous êtes plutôt familiers avec les milieux relativement extrêmes), le milieu arctique est singulièrement différent. Il faut apprendre à le connaître et toujours redoubler de précautions. Surtout quand vous êtes à Ny Ålesund … car je suis responsable de votre sécurité ! J’espère que durant vote séjour vous aurez profité au mieux de la logistique de l’AWIPEV.

– Je suis bien d’accord avec toi au point vue de la sécurité en milieu extrême. Concernant la montagne française, je ne connais que le Mont Boron (sourire)…. Je suis et resterai très prudent et sage pendant le reste de mon séjour à Ny Ålesund. Je te remercie d’avoir consacré ton temps pour cette interview et pour toute l’aide que tu nous auras fournie lors de notre séjour.

Echappée belle dans le Kongsfjord de Ny Ålesund (par Sarah)

Les échantillonnages et le travail au laboratoire occupent la majeure partie de notre temps. Néanmoins, un soir, entre deux échantillonnages, nous sommes allés découvrir les alentours de Ny Alesund en bateau. Nous avons d’abord fait un arrêt à la station Corbel pour déposer un de nos collègues de l’Institut Polaire Paul Emile Victor qui allait passer la semaine là-bas.

Puis nous nous sommes dirigés vers le glacier, où nous avons pu admirer ce magnifique décor. Nous entendions les icebergs se détacher du glacier, c’était superbe! Nous avons aussi profité de ce moment pour boire un verre à la santé de Lucie qui est malheureusement partie au milieu de l’expérience.

Nous avons ensuite picniqué de l’autre coté du fjord a Ny London, site comprenant une exploitation de marbre abandonnée et deux petites maisonnettes. C’était vraiment bizarre et agréable de se retrouver seuls au milieu des rennes !

Interview spéciale #1 (par Tsuneo): Sébastien Barrault, Chef de la base AWIPEV

Aujourd’hui, voici un article qui sort de l’ordinaire … Depuis que nous avons commencé le blog, nous vous avons raconté l’installation des mésocosmes, nos expériences, puis les aventures quotidiennes de la vie à Ny Ålesund. Les sujets commencent-ils à s’épuiser ? Non … tout à coup, une idée m’est venue ! Nous n’avions pas encore raconté et présenté les membres du personnel de la base AWIPEV qui nous aident depuis le début de nos expériences tous les jours de la semaine et même le week-end ! Sans eux rien ne serait possible.En tant que scientifique imaginatif mais rigoureux, j’ai immédiatement concrétisé cette idée. Ainsi, j’ai pour quelles heures endossé le rôle de journaliste, le temps de deux interviews. Bien qu’ils soient toujours occupés, j’ai réussi à poser quelques questions à deux des membres du personnel. Pour aujourd’hui, je vous rapporte les propos de mon entretien a vec Sébastien Barrault (SB), chef de la base AWIPEV. 

– Merci d’avoir consacré ton temps pour cet interview. Car interviewer les gens, ça n’est pas mon métier … Je commence avec une question très générale. Quel est ton lieu de naissance ?

SB: Je suis né à Sion en Suisse.

– Depuis quand es-tu chef de la base AWIPEV ?

SB: Je suis à Ny Ålesund depuis avril 2010 et je suis officiellement en charge de la base AWIPEV depuis la mi-mai. Il s’agit d’un contrat d’un an.

– Je sais ce que le mot « chef » signifie, mais je ne connais pas bien quel type de responsabilités est demandée pour cette position. Pourras-tu m’expliquer un peu plus en détail ?

SB: Oui, bien sûr. Je pourrais simplement dire qu’être chef consiste à gérer les activités de la base AWIPEV, mais ces activités sont très diverses … Tout d’abord, je suis responsable de tous les aspects touchant à la sécurité des scientifiques qui viennent travailler ici. Ny Ålesund, c’est un site isolé en milieu extrême. Il est donc très important d’assurer le fonctionnement de l’équipement que vous allez utiliser pour le travail, par exemple: les bateaux (zodiacs), les combinaisons de survie que vous portez quand vous sortez en mer, les gilets de sauvetage, les fusils, et même les vélos ! Actuellement, c’est mon collègue Thomas qui s’en occupe (cf. article –La caverne d’Ali Baba de l’IPEV– et deuxième interview à venir – “Interview spéciale #2: Thomas Bouchard, Logisticien de la base AWIPEV). Puis, je dois coordonner les projets scientifiques. Notamment, en été, il y a souvent plusieurs projets scientifiques qui sont en cours en même temps à Ny Ålesund. Il est nécessaire d’organiser la place de travail, le type d’équipement pour chaque projet et de permettre à toutes ces scientifiques d’avoir un logement pendant leur séjour. A Ny Ålesund, les différentes bases sont maintenues par différents pays, puis dans un second temps par l’entreprise « Kings Bay AS ». Ainsi, quand la base AWIPEV (qui est gérée par la France et l’Allemagne) ne peut pas accueillir tous les scientifiques, on peu demander aux autres bases ou à la Kings Bay de l’aide pour répondre aux besoins de logement ou de matériel. La communication avec les autres bases et Kings Bay AS est donc une des mes tâches importantes. Enfin, il y a également de plus en plus de visites de non-scientifiques (des journalistes,des touristes ou même des politiques) à Ny Ålesund. L’entretien de bonnes relations publiques (et valorisantes pour la station !) représente ainsi une des responsabilités majeures du chef de base …

– Il me semble que tu as de très nombreuses responsabilités et des journées bien remplies ! Qu’est ce qui t’as décidé à venir travailler à Ny Ålesund ?

SB: Je me suis intéressé aux pays scandinaves. J’ai étudié les phénomènes d’avalanche, et tout ce qui se rapporte à la neige, la glace et la banquise. J’ai donc passé 6 ans à Longyearbyen et travaillé à l’Université de Svalbard (UNIS). J’ai postulé à cette position pour rester en milieu « froid » et acquérir encore plus d’expérience.

– Peux tu nous raconter quels aspects sont agréables et quels aspects sont difficiles dans le travail et dans la vie à Ny Ålesund ?

SB: Comme je l’ai dit un peu plus tôt, Ny Ålesund est un site bien isolé en milieu extrême. Le village de Ny Ålesund est petit. Naturellement, les gens ici apprennent à travailler ensemble et efficacement. La communauté est réduite mais très dynamique. On s’entraide les uns les autres. Tout le monde est très sociable. Ces aspects me plaisent beaucoup. S’il fallait désigner une difficulté, je mentionnerais que nous n’avons pas vraiment de vie privée. C’est parce que nous sommes dans une petite communauté et que nous avons beaucoup de travail … si nécessaire, il faut être disponible 24h/24,même le week-end.

– Pour l’expérience d’EPOCA en 2010, près d’une quarantaine de scientifiques sont arrivés à Ny Ålesund. J’ai entendu que vous n’avez jamais eu autant de scientifiques à la fois sur un même projet. J’ai un peu peur que nous vous avons demandé beaucoup de travail… As-tu commentaire à faire sur l’expérience EPOCA et à donner aux scientifiques de ce projet ?

SB: C’est vrai qu’on n’a jamais reçu autant de scientifiques à la fois. En plus, vous représentez différentes nationalités et vous ne parlez pas toujours la même langue ! Mais je peux dire aussi que le nombre de scientifiques ne reflète pas du tout le volume de travail que nous devons fournir. C’est assez facile de travailler avec vous. Vous avez des bons moyens de communication avec les personnels de la Base AWIPEV et Kings Bay AS (avec les radios et VHF). Votre logistique est toujours claire pour nous. Donc, c’est formidable pour nous de travailler avec vous !

– Je suis très content et plutôt rassuré d’avoir eu ce commentaire… Merci beaucoup Sébastien pour cette interview.

L’été à Ny Ålesund (par Chiaki)

Quand nous sommes arrivés à Ny Ålesund, ma première impression a été “tout
est blanc”, car la plupart des terres étaient couvertes par la neige.
Depuis notre arrivée, le ciel était très nuageux et nous avons eu
seulement quelques jours de beau temps ensoleillé et toujours très froid,
donc je ne savais pas que “l’été était déjà arrivé”. Mais, en un mois
seulement, la neige a fondu rapidement et la végétation est apparue.
Ces variations climatiques sont très surprenantes. La couleur du
pelage des rennes et des renards a aussi changé, ils ont troqué leur
pelage blanc pour une couleur plus foncée. De nombreuses espèces d’oiseaux
sont aussi arrivées avec l’été. Et ce soir, les habitants de Ny Ålesund
feront la fête pour célébrer le solstice d’été.

Arrivée de Sarah (par Tsuneo)

Sarah est bien arrivée à NyÅlesund le lundi 21 juin. Dès son arrivée, elle a eu besoin d’apprendre beaucoup de choses pour remplacer Lucie. Elle a eu un cours accéléré d’échantillonnage avec un collègue allemand. Elle a appris comment il faut garer le zodiac à côté du mésocosme et comment utiliser la bouteille d’échantillon. Si vous conduisez le zodiac, vous savez qu’il n’est pas simple de le faire quand il y a de vagues et courants !

Ensuite dans la salle de traitement d’échantillon (il faudra l’aménager !), elle a appris l’utilisation d’appareils de filtration avec ses collègues. Donc en même temps, elle devait connaître où est son matériel, le matériel commun, l’eau milliQ pour son expérience, la bouteille d’ azote liquide, le congélateur, sa combinaison de bateau, etc. Vue le temps qui restait pour elle, il y avait peut-être trop de chose à apprendre à la fois !

Elle a aussi fait connaissance avec ses bouteilles d’échantillon ! Tous les deux jours, elle devra prendre et filtrer des dizaine de litres de l’eau de mer.


Aujourd’hui c’était sa première sortie d’échantillonnage. Apparemment le premier échantillonnage était très fatiguant, elle a l’air à plat  ;-).

Ses collègues de la Station Biologique de Roscoff l’encouragent par e-mail ou téléphone.

Afin de nous encourager, les bouteilles de vin français seront toujours bienvenues !